Miettes d'histoire

L’Eglise adventiste devait être une église sans histoire.  Les premiers adventistes croyaient que Jésus reviendrait de leur vivant. Cette conviction, renouvelée de génération en génération, est au cœur même de l’adventisme. Tournée essentiellement vers l’avenir (le retour imminent de Jésus), l’Eglise adventiste a mis du temps à s’intéresser à la conservation et l’étude de son histoire.

L’Eglise adventiste devait être une église sans histoire.  Les premiers adventistes croyaient que Jésus reviendrait de leur vivant. Cette conviction, renouvelée de génération en génération, est au cœur même de l’adventisme. Tournée essentiellement vers l’avenir (le retour imminent de Jésus), l’Eglise adventiste a mis du temps à s’intéresser à la conservation et l’étude de son histoire.

David Trim, le directeur des Archives de la Conférence générale des Eglises adventistes du septième jour (USA), fait cette analyse : « Les adventistes ont été –et sont souvent encore- collectivement négligents en ce qui concerne l’histoire de leur Eglise. Je pense que cela s’explique, entre autres choses, par le fait que la croyance au retour imminent du Christ a pu donner l’impression que notre passé était sans importance. Il arrive trop souvent que les documents historiques de la dénomination et les papiers des dirigeants ne soient pas conservés. Sans sources on ne peut pas écrire l’histoire ! » (David Trim, « Seventh-day adventists and history », Adventist Review, 9 juin 2011).

Encore aujourd’hui, pour beaucoup d’adventistes, l’étude du passé, la conservation de documents « pour l’histoire », la constitution d’archives paraissent bien futiles. Pourquoi s’encombrer du passé ?

Il y a au moins trois bonnes raisons pour s’occuper de la bonne conservation des archives historiques de l’Eglise adventiste du septième jour.

La première raison est sentimentale : la communauté adventiste, c’est un peu comme une famille (avec son histoire et ses histoires), et c’est avec un certain plaisir qu’on évoque de vieux souvenirs, qu’on regarde des photos de famille ou qu’on écoute le témoignage des « anciens ».

La deuxième raison relève de la simple logique : l’histoire existe, elle est incontournable. Mal conservée, mal transmise, elle peut donner naissance à une hagiographie (la « vie des saints ») chez les croyants trop crédules, ou au contraire à des critiques non fondées chez les opposants. Lorsqu’on ne conserve pas de traces tangibles de l’histoire, le vrai, le faux, les faits et les légendes ont tendance à se mêler. Il faut se donner les moyens de conserver une histoire objective et vraie !

La troisième raison est bien résumée par l’historien des religions Sébastien Fath : « Qui peut dire que le passé n’a rien à apporter aux décisions présentes ? […] Efficacité immédiate et prise en compte attentive du passé ne sont pas antagonistes. Un regard approfondi sur son passé constitue même une condition à une gestion vraiment conquérante du présent » (Sébastien Fath, « D’une foi sans histoire… à une foi dans l’histoire » dans Hokhma, 68, 1998, p. 29).

L’Eglise adventiste a donc intérêt à sauvegarder et mettre en valeur ses archives.

Les chercheurs en histoire religieuse y trouveront également leur compte. Le développement d’une église mondiale à partir d’une petite poignée de croyants protestants américains, à une époque très récente (moins de 200 ans d’histoire !), constitue un sujet d’étude unique.

Le blog de l’archiviste rassemble des informations éparses sur l'histoire de l’Eglise adventiste, principalement en France, en Suisse, en Belgique et au Luxembourg. Vous y trouverez des "miettes d'histoire", des anecdotes, des articles, des inventaires, des documents numériques, des notices biographiques, des notes d'étude écrites au fur et à mesure que les documents d'archives sont traités. Il s'agit d'un blog de travail; vous n'y trouverez donc pas un ensemble documentaire cohérent et exhaustif, mais des pistes d’étude !

 

Source: le blog de l'archiviste

http://www.archivesadventistes.org/blog/ 

 

Vers le milieu du XIXème siècle, un petit groupe de chrétiens dans le nord-est des Etats-Unis d’Amérique s’était mis à étudier les prophéties bibliques et avait conclu que Jésus reviendrait en 1844. Ils avaient à leur tête un prédicateur baptiste, William Miller, et dans le groupe se trouvait égale-ment la co-fondatrice de l’Eglise adventiste, Ellen White, alors adolescente. Mais Christ ne revint pas et les millérites se regroupè-rent et lancèrent ce qui est devenu aujourd'hui une dénomination protestante mondiale...